Les peurs ne se transmettent pas (elles s’encouragent) : Une nouvelle vision pour les parents et les enfants
Par Vincent Roucayrol – ATMA Hypnose & Thérapies Brèves (Courroux, Jura)
Être parent est sans doute l’une des missions les plus complexes et les plus enrichissantes de la vie. Au cœur de cette expérience réside souvent une inquiétude sourde, une question qui hante de nombreux pères et mères qui franchissent la porte de mon cabinet à Courroux : « Ai-je transmis mes peurs à mes enfants ? »
C’est un scénario classique : vous avez une phobie des araignées, une anxiété sociale ou une peur irraisonnée de l’échec, et vous observez, impuissant, votre enfant développer des symptômes similaires. La conclusion semble immédiate et cruelle : c’est de votre faute. Vous avez « contaminé » votre enfant.
Dans une récente vidéo, j’ai souhaité briser ce mythe tenace. Non, les peurs ne se transmettent pas. Cette affirmation peut sembler contre-intuitive, voire provocatrice, mais elle est fondamentale pour comprendre les mécanismes de la psyché humaine et se libérer d’une culpabilité toxique.
Dans cet article complet, nous allons explorer ensemble pourquoi la transmission automatique est une illusion, comment fonctionne réellement l’influence parentale (le concept d’encouragement), et surtout, comment l’hypnose et les thérapies brèves peuvent vous aider, vous et votre famille, à retrouver sérénité et liberté.
1. Le Mythe de la Transmission Automatique des Peurs
« J’ai peur, donc il aura peur » : Une croyance limitante
Il est fréquent d’entendre dire : « J’ai transmis mon stress à ma fille » ou « Il a hérité de mon angoisse ». Cette vision mécaniste de l’héritage émotionnel est non seulement fausse, mais elle est aussi dangereuse. Elle enferme le parent dans un rôle de coupable et l’enfant dans un rôle de victime passive.
Comme je l’explique dans ma vidéo, la transmission implique qu’une chose passe d’une personne à l’autre sans que le receveur n’ait son mot à dire. C’est comme un virus. Or, l’émotion humaine et la construction psychologique ne fonctionnent pas ainsi.
La preuve par la fratrie
Si la transmission des peurs était automatique, tous les enfants d’une même fratrie, élevés par les mêmes parents dans le même environnement, devraient logiquement développer les mêmes peurs. Or, l’expérience nous montre le contraire.
Dans une même famille où le père a le vertige, l’ainé peut devenir un grimpeur intrépide, le cadet indifférent à la hauteur, et le benjamin craintif. Si la peur se transmettait comme un gène ou un virus, ce phénomène de diversité ne pourrait pas exister. Cela prouve qu’il y a une variable essentielle que nous oublions souvent : le choix inconscient de l’enfant.
2. Transmission vs Encouragement : La Nuance qui Change Tout
Pour bien comprendre ce qui se joue dans la relation parent-enfant, il faut remplacer le mot « transmission » par le mot « encouragement ».
La métaphore de la main tendue
Imaginez que je vous tende un objet à travers une table. Pour que vous l’ayez en votre possession, il ne suffit pas que je vous le donne ; il faut aussi que vous tendiez la main pour le saisir. Il y a une rencontre, un accord tacite entre deux parties.
C’est exactement ce qui se passe avec les émotions et les peurs. En tant que parent, par votre attitude, votre langage non-verbal ou vos réactions face à une araignée, vous « proposez » une vision du monde. Vous encouragez une interprétation : « Ceci est dangereux ». Mais l’enfant, lui, garde son libre arbitre, souvent à un niveau inconscient. Il peut choisir de saisir cette proposition (« Papa a peur, donc c’est dangereux, donc j’ai peur aussi ») ou de la laisser (« Maman a peur, c’est son histoire, moi je suis curieux »).
La responsabilité partagée
Cette vision des choses nous amène à une vérité libératrice :
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Le Parent est responsable de l’environnement qu’il propose et des modèles qu’il offre.
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L’Enfant (et son inconscient) garde la responsabilité de ce qu’il intègre ou rejette pour construire sa propre personnalité.
Cela ne signifie pas que les parents doivent cesser de faire attention. Au contraire, cela nous invite à travailler sur nous-mêmes pour « proposer » le meilleur, tout en acceptant que nous ne contrôlons pas le résultat final.
3. Sortir de la Culpabilité Parentale
La culpabilité est un sentiment que je rencontre très souvent lors de mes consultations en Hypnose Ericksonienne ou en coaching familial. Elle agit comme un frein puissant au changement.
Pourquoi la culpabilité est inutile
Si vous pensez avoir « abîmé » votre enfant en lui transmettant vos angoisses, vous vous placez dans une position d’impuissance. Vous validez l’idée que le mal est fait et qu’il est irréparable. En comprenant que vous avez simplement « encouragé » une peur (et que l’enfant l’a acceptée pour des raisons qui lui appartiennent, souvent par loyauté ou mimétisme), vous rouvrez la porte au changement.
Si l’enfant a « appris » la peur, il peut la « désapprendre ». Rien n’est gravé dans le marbre. C’est le principe même de la plasticité cérébrale et le fondement des thérapies que je pratique au cabinet ATMA Hypnose.
Accepter l’imperfection
Les parents font du mieux qu’ils peuvent avec les ressources qu’ils ont à l’instant T. Vos peurs sont souvent les héritages de votre propre histoire, de vos propres traumatismes non résolus. Plutôt que de culpabiliser, voyez cela comme une opportunité. Votre enfant, en « mimant » votre peur, agit comme un miroir. Il vous montre ce qu’il reste à guérir en vous.
Pour approfondir ce travail sur les blessures émotionnelles, je vous invite à découvrir la Technique d’Intégration par le Cœur (TIC), une méthode douce que j’utilise pour apaiser les souffrances passées.
4. « Soyez le changement » : L’importance du travail sur soi
Dans la vidéo, je cite cette phrase célèbre de Gandhi : « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ». Appliquée à la parentalité, elle devient : « Soyez l’apaisement que vous voulez voir chez votre enfant ».
Les neurones miroirs en action
Les enfants apprennent par observation. Si vous leur dites « n’aie pas peur » mais que votre corps transpire l’angoisse, ils croiront votre corps, pas vos mots. Pour aider vos enfants à ne plus avoir peur, la méthode la plus efficace n’est pas de les raisonner, mais de traiter vos propres peurs.
Imaginez l’impact puissant sur un enfant de voir son parent, autrefois phobique, devenir calme et serein face à l’objet de sa peur. C’est un nouvel « encouragement », cette fois-ci vers la résilience et le courage.
Par où commencer ?
Si vous souffrez d’anxiété chronique ou de stress, il est essentiel de ne pas rester seul. Le Burn-out et l’anxiété ne sont pas des fatalités. En travaillant sur votre propre état interne, vous modifiez l’atmosphère de tout le foyer.
Voici quelques pistes pour entamer ce travail personnel :
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Identifier vos peurs : De quoi avez-vous réellement peur ? Est-ce une phobie spécifique ou une angoisse généralisée ? (Lire mon article sur comment se libérer de la peur).
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Renforcer votre socle : Travailler sur votre confiance en soi est le meilleur antidote à l’anxiété. Plus vous êtes solide, plus vous offrez un cadre sécurisant.
5. Le positif fonctionne aussi ! (L’encouragement vertueux)
La bonne nouvelle, c’est que ce mécanisme d’encouragement fonctionne dans les deux sens. Tout comme vous ne pouvez pas forcer la peur chez votre enfant, vous ne pouvez pas lui forcer le bonheur. Cependant, vous pouvez créer un terreau fertile pour la joie.
En cultivant chez vous l’optimisme, la gratitude et la sérénité, vous proposez ces émotions à votre enfant. Vous l’invitez à modéliser ces comportements. C’est ici que des outils comme l’auto-hypnose prennent tout leur sens. En apprenant à gérer vos états internes, vous devenez un modèle inspirant de régulation émotionnelle.
6. Les Solutions Concrètes chez ATMA Hypnose
Si vous réalisez aujourd’hui que certaines peurs sont bien installées, chez vous ou chez votre enfant, sachez qu’il existe des solutions rapides et efficaces. Mon approche, basée sur les thérapies brèves, vise à dénouer ces blocages sans nécessiter des années d’analyse.
Pour les peurs spécifiques et phobies
Qu’il s’agisse de la peur des animaux, du vide, ou de la foule, l’hypnose est particulièrement indiquée. Elle permet de dialoguer avec l’inconscient pour modifier la perception du danger. Pour en savoir plus sur ce processus, consultez ma page dédiée aux phobies traitées par l’hypnose.
Pour les blocages émotionnels profonds
Parfois, la peur est ancrée dans le corps ou liée à des histoires familiales complexes. Dans ces cas, j’utilise des outils complémentaires comme la Psycho-kinésiologie, qui permet d’interroger la mémoire du corps pour libérer les émotions enfouies.
Pour le Drainage Émotionnel
Comme mentionné dans la vidéo, j’ai développé une approche autour du « drainage émotionnel ». L’idée est de « vider la coupe » des émotions accumulées pour retrouver de la disponibilité mentale et affective. Cela permet de ne plus réagir par automatisme (et donc de ne plus encourager la peur par réflexe), mais d’agir avec conscience.
7. Conclusion : Reprenez votre pouvoir
L’idée que les peurs se transmettent est un poids inutile. Lâchez-le. Remplacez-le par la conscience que vous êtes un guide, un « encourageur ». Votre enfant a son propre chemin, sa propre capacité de résilience, et son propre libre arbitre, même s’il est tout petit.
En tant que thérapeute à Courroux (Jura), je vois chaque jour des parents et des enfants se libérer de ces chaînes invisibles. Le changement est possible, et il commence souvent par une simple prise de conscience : je ne suis pas coupable, mais je suis responsable de mon propre bien-être.
En prenant soin de vous, vous faites le plus beau cadeau possible à votre descendance.
Vous souhaitez aller plus loin ? Si cet article résonne en vous et que vous souhaitez entamer un travail sur vos peurs, votre stress ou simplement améliorer votre qualité de vie, je vous invite à me contacter.
Prendre rendez-vous ou contacter le cabinet ATMA Hypnose
FAQ Rapide
L’hypnose fonctionne-t-elle sur les enfants ? Oui, les enfants sont souvent très réceptifs car leur imaginaire est vaste et flexible. Cependant, pour les problématiques liées aux peurs familiales, je recommande souvent de voir le parent en premier.
Combien de séances sont nécessaires ? En thérapie brève, nous visons l’efficacité. Souvent, quelques séances suffisent pour débloquer une situation ou une phobie.
Traitez-vous d’autres problématiques ? Absolument. Au-delà des peurs, j’accompagne mes clients pour l’arrêt du tabac, la perte de poids (gestion des émotions liées à l’alimentation) ou encore la gestion des douleurs chroniques.


