Pourquoi la « peur de l’inconnu » est un mythe : décrypter vos structures pour enfin oser
On l’entend partout : en thérapie, dans les livres de développement personnel ou au détour d’une conversation autour d’un café. « J’aimerais changer de métier, mais j’ai peur de l’inconnu. » ou encore « Je sens que cette relation ne me convient plus, mais l’inconnu me paralyse. »
En tant qu’hypnothérapeute et praticien en thérapies brèves, je vais être très direct avec vous : la peur de l’inconnu n’existe pas.
Cela peut paraître provocateur, voire surprenant, mais c’est une réalité biologique et psychologique fondamentale. On ne peut pas avoir peur de quelque chose que l’on ne connaît pas. Si l’élément est totalement « inconnu », notre système ne possède aucune donnée pour générer une émotion. Alors, que se passe-t-il réellement dans notre esprit lorsque nous nous sentons bloqués ? Qu’est-ce qui se cache derrière ce « mot magique » ?
Dans cet article, nous allons déconstruire ce concept, explorer les projections qui vous freinent et voir comment, grâce à l’hypnose et aux thérapies brèves, nous pouvons transformer ce flou artistique en un levier d’action concret.
Le piège des mots « fourre-tout »
Dans le domaine de l’accompagnement, certains termes sont devenus des valises où l’on range tout ce que l’on ne parvient pas à définir. Le « lâcher-prise » en est le meilleur exemple [00:58]. On nous rabat les oreilles avec l’injonction de « lâcher prise », mais ce mot, en essence, ne veut rien dire tant qu’on n’est pas allé voir ce qui, à l’intérieur de nous, refuse consciemment ou inconsciemment de lâcher.
La peur de l’inconnu fonctionne de la même manière. C’est un grand chapeau que l’on pose au milieu de nos blocages [02:27]. Le problème ? On ne peut pas dépasser ce que l’on ne définit pas. Si vous travaillez sur une peur globale et abstraite, vous brassez du vent. Pour obtenir des résultats et libérer une situation, nous devons aller voir les engrenages, la structure même de votre pensée.
L’expérience de la planète X : l’illusion de l’inconnu
Imaginons une situation extrême pour illustrer mon propos [01:30]. Demain, je vous annonce que nous partons sur une planète totalement inconnue. Personne n’y a jamais mis les pieds. Nous ignorons tout de la composition de son sol, de son atmosphère ou des créatures qui pourraient y vivre. C’est le « zéro absolu » de l’information.
Si vous ressentez de l’angoisse, est-ce la peur de la planète ? Non. C’est la peur de ce que vous allez projeter sur ce vide.
« Est-ce qu’il y aura des créatures qui vont m’attaquer ? » : Ici, c’est la peur de mourir ou d’être agressé [02:00].
« Est-ce que je pourrai revenir ? » : C’est la peur de perdre le lien avec vos proches [02:07].
« Est-ce que je saurai subvenir à mes besoins ? » : C’est la peur du manque.
Vous voyez ? L’inconnu n’est qu’un écran blanc sur lequel votre cerveau projette des films très précis basés sur vos propres structures intérieures et vos expériences passées. Ce n’est jamais l’inconnu qui fait peur, c’est la perte de ce que nous connaissons déjà.
Décortiquer pour libérer : le cas du changement de vie
Prenons un exemple concret que je rencontre souvent en cabinet : la peur de lancer son propre business ou de changer radicalement de voie professionnelle [03:04].
Si vous restez sur le constat « j’ai peur de l’inconnu », vous n’avancerez pas. En séance, mon rôle est de vous aider à décortiquer ce « chapeau » pour identifier les peurs sous-jacentes :
Le risque financier : Est-ce la peur de manquer de sécurité pour ma famille ?
L’estime de soi : Est-ce la peur d’échouer et de porter un regard négatif sur moi-même ? [03:28]
Le regard des autres : Est-ce la peur d’être jugé par mon entourage si je quitte un confort établi ?
Le changement de rythme : Est-ce la peur que ce nouveau projet coupe le lien avec mes proches par manque de temps ? [03:42]
Dès que nous mettons des mots sur ces structures, nous avons enfin quelque chose de tangible. Nous passons d’une émotion paralysante à un problème technique que l’on peut résoudre. L’information est la clé du dépassement de soi. Plus vous avez d’informations sur vous-même et sur vos fonctionnements, plus le brouillard de « l’inconnu » se dissipe.
Comment l’hypnose aide à transformer ces structures ?
Vous ne pouvez pas simplement décider de ne plus avoir peur par la pensée consciente. Si c’était le cas, vous l’auriez déjà fait. Ces blocages se situent dans vos « engrenages intérieurs » [04:18], dans cette partie inconsciente qui cherche avant tout à vous protéger.
Plutôt que de faire des « incantations magiques » sur le courage ou le lâcher-prise, le travail en hypnose consiste à explorer les structures sous-jacentes. Nous allons identifier quelle étiquette vous avez collée sur la situation à venir. En modifiant ces perceptions au niveau inconscient, l’inconnu redevient ce qu’il est : un espace de possibles, et non plus une menace.
Conclusion : Changez d’étiquette pour changer de vie
La peur de l’inconnu est un signal, mais ce n’est pas la destination. C’est une invitation à regarder à l’intérieur de vous ce qui demande à être rassuré, sécurisé ou clarifié. Ne travaillez pas sur l’inconnu, travaillez sur votre structure.
Si vous sentez que des peurs invisibles vous empêchent d’avancer vers ce que vous désirez vraiment, rappelez-vous que tout est identifiable et traitable. Il suffit parfois de changer de perspective pour que la porte qui semblait fermée s’ouvre d’elle-même.
Pour aller plus loin : Si ce sujet vous touche et que vous souhaitez comprendre comment vos émotions dirigent vos choix, je vous invite à découvrir mon ouvrage : « La vie est un jeu : le drainage émotionnel ». Vous y trouverez des clés concrètes pour nettoyer ces blocages et reprendre les commandes de votre existence.
Vous pouvez également me retrouver pour des séances personnalisées à mon cabinet de Delémont ou en ligne, pour explorer ensemble ces structures qui ne demandent qu’à être libérées.
Vincent Roucayrol ATMA Hypnose & Thérapies Brèves


